Seigneur ! Je t'en supplie par ta grâce !
Accorde-moi, ce coeur nouveau !
Mon Amie Ami
Au début du printemps de l'année 1992, sur semaine, entre huit et neuf heure du matin, Reno et moi sommes en réunion quotidienne du
commerce.Et Comme à l'habitude,à la fin de chaque réunion nous abordons un autre sujet. Ce matin là, le sujet est notre compréhension sur
l'existence de Dieu.
Après la discussion, nous nous sommes fait la promesse suivante;" Le premier des deux qui passera sur l'Autre Rive ,viendra dire à l'autre
la vérité."
J'étais certain d'être celui, qui un jour, apporterait cette vérité à mon fils Reno.
Le destin en fût tout autrement, quelques mois plus tard... Aujourd'hui presque 17 ans plus tard il continue de m'apporter la vérité selon mon ouverture d'esprit à recevoir l'Amour
et la grâce du Dieu Trinitaire. Je dirai selon ma prise de conscience de la grandeur incommensurable de l'Amour du Père pour nous
La prise de conscience
Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons
heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens
à la vie, donne un sens à la mort.
Elle est si douée quand elle est dans l'ordre des choses, quand le vieux paysan de Provence, au
terme de son règne, remet en dépôt à ses fils son lot de chèvres et d'oliviers, afin qu'ils le
transmettent, à leur tour, aux fils de leurs fils. On ne meurt qu'à demi dans une lignée paysanne
. Chaque existence craque à son tour comme une cosse et livre ses graines.
J'ai coudoyé, une fois, trois paysans, face au lit de mort de leur mère — et certes, c'était
douloureux — Pour la seconde fois était tranché le cordon ombilical. Pour la seconde fois,
un nœud se défaisait : celui qui lie une génération à l'autre. Ces trois fils se découvraient
seuls, ayant tout à apprendre, privés d'une table familiale où se réunir aux jours de fête,
privés du pôle en qui ils se retrouvaient tous. Mais je découvrais aussi, dans cette rupture,
que la vie peut être donnée pour la seconde fois. Ces fils, eux aussi, à leur tour, se feraient
têtes de file, points de rassemblement et patriarches, jusqu'à l'heure où ils passeraient, à
leur tour, le commandement à cette portée de petits qui jouaient dans la cour.
Je regardais la mère, cette vieille paysanne au visage paisible et dur, aux lèvres serrées, ce
visage changé en masque de pierre. Et j'y reconnaissais le visage des fils. Ce masque avait
servi à imprimer le leur. Ce corps avait servi à imprimer ces corps, ces beaux exemplaires
d'hommes. Et maintenant, elle reposait brisée, mais comme une gangue dont on a retiré le fruit.
A leur tour, fils et filles, de leur chair, imprimeraient des petits d'hommes. On ne mourait
pas dans la ferme. La mère est morte, vive la mère !
Douloureuse, oui, mais tellement simple cette image de la lignée, abandonnant une à une, sur son
chemin, ses belles dépouilles à cheveux blancs, marchant vers je ne sais quelle vérité, à
travers ses métamorphoses.
Saint-Exupéry,Terre des hommes, 1939
Aussitôt elle vint se jeter à ses pieds
« Seigneur, que personne ne peut voir sinon les coeurs purs (Mt 5,8), je recherche, par la lecture et la méditation, ce qu'est la vraie
pureté de coeur et comment on peut l'obtenir pour devenir capable, grâce à elle, de te connaître, si peu que ce soit. J'ai cherché
ton visage, Seigneur, j'ai cherché ton visage (Ps 26,8). J'ai longtemps médité en mon coeur, et un feu s'est allumé dans ma méditation :
le désir de te connaître davantage.
Quand tu romps pour moi le pain de la sainte Écriture, tu m'es connu dans cette fraction du pain (Lc 24,30-35). Et plus je te connais,
plus je désire te connaître, non seulement dans l'écorce de la lettre mais dans la saveur de l'expérience.
« Je ne demande pas cela, Seigneur, en raison de mes mérites, mais à cause de ta miséricorde. J'avoue, en effet, que je suis pécheur et
indigne, mais ' les petits chiens eux-mêmes mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres '. Donne-moi donc, Seigneur, les
gages de l'héritage futur, une goutte au moins de la pluie céleste pour rafraîchir ma soif, car je brûle d'amour »...
C'est par de tels discours que l'âme appelle son Époux. Et le Seigneur, qui regarde les justes et qui non seulement écoute leur prière
mais est présent dans cette prière, n'attend pas la fin de celle-ci. Il l'interrompt au milieu de son cours ; il se présente tout-à-coup,
il se hâte de venir à la rencontre de l'âme qui le désire, ruisselant de la douce rosée du ciel comme du parfum le plus précieux.
Il recrée l'âme fatiguée, il nourrit celle qui a faim, il fortifie sa fragilité, il la vivifie en la mortifiant par un admirable oubli
d'elle-même, il la rend sobre en l'enivrant.
Guigues le Chartreux (1083-1136), prieur de la Grande Chartreuse
Homélie sur la Nativité de la Vierge
« Comblée de Grâce »
Cette femme sera Mère de Dieu, porte de la lumière, source de vie ; elle réduira à néant
l’accusation qui pesait sur Eve. Cette femme, « les riches du peuple quêteront son visage »
(Ps 44,13). Devant cette femme les rois des nations se prosterneront en lui offrant des présents
(Ps 71,11 ; Mt 2,11)… Mais sa gloire est intérieure ; elle est le fruit de son sein.
Fille du roi David et mère du Roi de l’univers, chef-d’oeuvre dont le Créateur se réjouit
(Is 62,5)…, tu seras le sommet de la nature. Ce n’est pas pour toi que tu es née, mais pour Dieu
; tu serviras au salut de tous les hommes, selon le dessein de Dieu fixé depuis l’origine :
l’incarnation de son Verbe et notre divinisation. Tout ton désir c’est de te nourrir des paroles
de Dieu, de te fortifier de leur sève, comme « un olivier fertile dans la maison de Dieu »
(Ps 52,10), « un arbre planté près du cours des eaux », toi l’arbre de vie qui a « donné son
fruit en sa saison » (Ps 1,2 ; Ez 47,12)…
Porte de Dieu toujours virginale (Ez 44,2), tes mains portent ton Dieu ; tes genoux sont un trône
plus élevé que les chérubins (Ps 79,2)… Tu es la chambre nuptiale de l’Esprit (Ct 1,4), «
la cité du Dieu vivant, que réjouissent les eaux du fleuve» (Ps 46,5), c’est-à-dire le flot des
dons de l’Esprit. Tu es toute belle, la bien-aimée de Dieu (Ct 4,7).
Saint Jean de Damas (vers 675-749), moine, théologien, docteur de l’Eglise
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« Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner »
Notre Seigneur nous apprend lui-même ce que nous devons faire pour que notre intérieur devienne
une maison de prière, car l’homme est vraiment un temple consacré à Dieu. Nous devons d’abord en
chasser les marchands, c’est-à-dire les images et représentations des biens créés, et tout ce
qui est satisfaction dans les créatures et jouissance de volonté propre. Puis il faut laver le
temple avec des larmes pour le purifier. Tous les temples ne sont pas saints par le seul fait
qu’ils sont des demeures habitables ; c’est Dieu qui les rend saints.
Le temple dont il est question ici c’est l’aimable temple de Dieu, où Dieu se dit en vérité quand
on y a fait place nette. Comment Dieu pourrait-il élire domicile en l’âme avant qu’elle n’ait eu
la moindre pensée de Dieu ? N’est-elle pas alors encombrée de tant d’autres choses ?
Jean Tauler (vers 1300-1361), dominicain
« Va d’abord te réconcilier avec ton frère »
Personne ne pourra obtenir quoi que ce soit par la prière s'il ne prie pas avec de bonnes dispositions
et une foi droite… Il ne s'agit pas de parler beaucoup… ; il s’agit de ne pas venir
à la prière avec une âme troublée par des ressentiments. On n'imagine pas que quelqu'un vienne à l'oraison
sans préparer son coeur ; on n'imagine pas non plus que celui qui prie puisse obtenir le pardon de ses péchés
s'il n'a pas d'abord pardonné de tout son coeur à son frère qui lui demande pardon…
En premier lieu donc, celui qui se dispose à prier aura grand avantage à adopter une attitude qui l’aide
à se mettre en présence de Dieu et qui l’aide à lui parler comme à quelqu'un qui le voit et lui est
présent. Certaines images ou certains souvenirs d'événements passés encombrent l'esprit qui se laisse
envahir par eux ; ainsi il est utile de se souvenir que Dieu est là et qu'il connaît les mouvements les
plus secrets de notre âme. Elle se dispose alors à plaire à celui qui est présent, qui la voit et prévient
toutes ses pensées, à celui qui scrute les coeurs et sonde les reins (Ps 7,10)…
Comme le disent les Saintes Écritures, il faut que celui qui prie élève des mains pures, qu'il pardonne à chacun de ceux qui l'ont offensé, rejette tout ce qui trouble son âme et ne s'irrite contre personne… Qui peut douter que cet état d'âme soit le plus favorable ? Paul l'enseigne lorsqu'il dit dans sa première lettre à Timothée : « Je veux que les hommes prient en tout lieu, élevant des mains pures, sans ressentiment ni contestation » (2,8).
Origène (vers 185-253), prêtre et théologien
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